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« Prêter à rire et donner à penser », tel est le credo de Yannick Nédélec. Et voilà bien une devise de fabuliste ! La fable est un art merveilleux, où le conteur rejoint le poète, où l’humaniste se fait humoriste, où le dramaturge devient un peu clown.
Balayant les souvenirs de récitations scolaires, « La démarche du crabe » renouvelle le genre. Ses fables modernes se savourent, comme des gourmandises de l’esprit. On s’étonne, on jubile, on s’émeut, on s’émerveille avec des poules philosophes, des éléphants danseurs, des haricots flétris ou des brouettes révolutionnaires ! On se surprend à rire et réfléchir en même temps !
Après "La revanche du corbeau", voici "La démarche du crabe".
Après un premier recueil de 42 fables contenant un certain nombre de pastiches et de clins d’œil au maître La Fontaine, voici un deuxième tome, de 42 fables également, qui se veut cette fois dégagé de toute référence directe au grand fabuliste. Toutes ces histoires sont originales, même si de temps en temps l’inspiration est allée grappiller quelques points de départ chez Alexandre Vialatte, écrivain considérable et méconnu dont les chroniques ne sont parfois pas très éloignées de l’art de la fable.
Je sais bien que les fables ne sont pas dans l’air du temps, qu’une moralité, même amenée avec beaucoup de fantaisie, rebutera bien plus qu’une chansonnette. Beaucoup de nos contemporains qui se débattent dans notre époque inquiétante cherchent plus à se vider la tête qu’à se la remplir, hélas. Et les grands médias caressent avec avidité dans ce triste sens du poil. Mais un artiste devant être plus résistant que collaborateur, et le public étant parfaitement capable d’apprécier les belles choses quand on prend la peine de les lui proposer, je persiste à croire que ces fables ont raison d’être. Je ne sais si ma foi me sauvera ; en attendant elle me maintient en pleine vie…
Fabuleusement vôtre…
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